- La maladie de Basedow est auto-immune : des anticorps poussent la thyroïde à trop produire d’hormones.
- Elle n’est qu’une cause de l’hyperthyroïdie, un excès d’hormones de toute origine.
- Si la vision baisse ou qu’un œil fait mal, consultez le jour même, car les yeux peuvent être touchés.
- Le premier traitement, par antithyroïdiens, dure 12 à 18 mois ; une fièvre pendant ce traitement impose une prise de sang urgente.
Sommaire
- Quand faut-il consulter ?
- Qu’est-ce que la maladie de Basedow ?
- Pourquoi survient la maladie de Basedow ?
- Comment ça se manifeste
- Comment le diagnostic est posé
- Comment se soigne la maladie de Basedow
- Vivre avec la maladie de Basedow
- Foire aux questions
Votre cœur bat vite, vos mains tremblent, la chaleur vous gêne. Ces signes peuvent venir d’une thyroïde trop active, comme dans la maladie de Basedow.
Comment savoir si ces signes viennent de cette maladie, et quoi faire ? Cet article vous explique ce qu’elle est, comment la reconnaître, y compris aux yeux, et ses traitements en France.
Quand faut-il consulter ?
En rentrant d’une course, j’ai senti mon cœur cogner et mes mains trembler.
Consultez un médecin si vous avez des palpitations, un essoufflement, une fatigue ou une faiblesse musculaire, de la nervosité ou de l’anxiété, des tremblements des mains ou une intolérance à la chaleur.
Pour les yeux, voyez un ophtalmologue le jour même, ou composez le 15 ou le 112 en urgence, dès que vous notez :
- une baisse récente de la vision
- des couleurs moins vives
- une douleur intense à l’œil
Sous antithyroïdien, une fièvre ou une angine impose une prise de sang urgente, sans attendre le rendez-vous.
Qu’est-ce que la maladie de Basedow ?
La maladie de Basedow est auto-immune : des anticorps stimulent le récepteur de la TSH et poussent la thyroïde à trop produire d’hormones.
La TSH règle la thyroïde. Les anticorps se fixent sur son récepteur, à la place de la TSH : la glande ne s’arrête plus. Pour le mécanisme, voyez le guide sur les maladies auto-immunes.
L’hyperthyroïdie désigne un excès d’hormones thyroïdiennes, quelle que soit son origine. La maladie de Basedow n’en est qu’une cause. Dans le cadre des recommandations françaises, elle explique 70 % des hyperthyroïdies de l’adulte.
Les nodules toxiques et certaines thyroïdites peuvent aussi la provoquer.
Pourquoi survient la maladie de Basedow ?
Le mécanisme est connu : le système immunitaire fabrique des anticorps qui stimulent la thyroïde au lieu de la laisser répondre à la TSH, son signal habituel.
Son déclenchement, lui, n’est pas entièrement connu. Le stress peut jouer un rôle, mais il ne suffit pas à lui seul à expliquer la maladie.
Si vous fumez, le tabac augmente le risque d’apparition d’une atteinte des yeux et l’aggrave. Arrêter de fumer fait partie du traitement. En revanche, le rôle de l’alimentation n’est pas établi, et aucun régime général n’est recommandé.
Comment ça se manifeste
Les signes généraux
Ces signes ne sont pas propres à la maladie de Basedow : ils viennent de l’excès d’hormones thyroïdiennes, quelle qu’en soit la cause.
Les plus fréquents sont un cœur qui bat vite au repos (96 %), puis la nervosité (93 %). Ces fréquences valent pour toute thyrotoxicose.
Les autres signes fréquents sont :
- l’intolérance à la chaleur, présente chez 82 % des personnes atteintes ;
- les tremblements, présents chez 73 % d’entre elles ;
- l’essoufflement à l’effort, présent chez 73 % d’entre elles ;
- la fatigue ou la fonte des muscles, présente chez 70 % d’entre elles.
L’atteinte des yeux
Les yeux peuvent être touchés : paupières rétractées ou gonflées, yeux rouges, irrités ou larmoyants, gêne à la lumière, yeux qui ressortent, vision double.
Ces signes peuvent apparaître avant, avec ou après l’hyperthyroïdie. Signalez-les au médecin dès qu’ils arrivent.
Environ 4 personnes sur 10 atteintes de Basedow ont une atteinte des yeux.
La plupart sont légères, et seuls 0,5 % menacent la vision.
Comment le diagnostic est posé
Le bilan commence par la TSH, hormone qui commande la thyroïde. Si elle est basse, on dose la T4 libre, puis la T3 libre si la T4 est normale.
Les normes changent selon le laboratoire : suivez celles de votre compte rendu.
Trois situations se lisent dans les résultats :
- TSH basse et T4 libre élevée : hyperthyroïdie avérée.
- TSH basse, T4 et T3 libres normales : forme fruste.
- Tableau peu typique : doser les TRAK, anticorps anti-récepteur de la TSH, pour chercher un Basedow.
Dans beaucoup de cas, l’imagerie ne sert à rien. Voici comment décider.
Signes typiques ou TRAK positifs : pas d’imagerie.
Scintigraphie et échographie cherchent un nodule toxique.
Comment se soigne la maladie de Basedow
Les antithyroïdiens de synthèse
Pour un premier épisode, le traitement commence en général par le thiamazole ou le carbimazole, deux antithyroïdiens qui freinent la fabrication d’hormones. Ils se prennent pendant 12 à 18 mois.
Un bêtabloquant peut s’y ajouter pour calmer les palpitations. Chez un proche, c’est la durée qui revenait sans cesse.
Une fièvre ou une angine impose une prise de sang urgente.
| Critère | Pendant | Après |
|---|---|---|
| Hormone | T4, puis TSH | TSH |
| Premier contrôle | T4 libre à 3 à 6 semaines | TSH à 6 à 8 semaines |
| Suite | T4 libre toutes les 3 à 6 semaines jusqu’à normalisation, TSH tous les 2 à 4 mois | TSH à 3 mois, 6 mois et 1 an |
L’iode radioactif
Si la maladie persiste après 12 à 18 mois d’antithyroïdien, ou revient, l’iode radioactif peut être proposé. Je l’ai vu prendre en gélule, par la bouche, puis suivre les consignes pour protéger ses proches.
L’iode radioactif peut rendre la thyroïde trop peu active : c’est l’hypothyroïdie. Elle se traite à vie par lévothyroxine, une hormone en comprimé prise chaque jour.
La chirurgie
Au cabinet, j’ai appris que la chirurgie se discute si le goitre comprime la trachée ou si un cancer est suspecté. Après l’ablation totale, prenez de la lévothyroxine à vie.
Vivre avec la maladie de Basedow
Travail et vie professionnelle
Pour reprendre le travail, c’est votre médecin qui décide, en fonction de votre état. Si votre poste est fatigant ou physique, il peut proposer un temps partiel ou un poste allégé. Parlez-en avec lui avant de revenir.
Grossesse et projet de bébé
Pendant le traitement, la grossesse suit des règles strictes :
- Évitez la grossesse et prenez une contraception efficace.
- L’iode radioactif est contre-indiqué pendant la grossesse. Attendez 6 mois après ce traitement avant un projet de bébé.
- Le propylthiouracile est réservé à certaines situations, comme le premier trimestre de grossesse.
Si vous êtes enceinte ou si vous projetez un bébé, prévenez votre médecin dès que possible. Un suivi spécialisé avec l’endocrinologue, le médecin qui suit la thyroïde, est nécessaire, car le traitement doit être adapté à la grossesse.
Alimentation et hygiène de vie
Une surcharge en iode, d’origine alimentaire ou médicamenteuse, doit être recherchée avant l’iode radioactif. Crustacés, algues et certains désinfectants cutanés apportent de l’iode : demandez à l’équipe lesquels éviter.
Aucun régime général n’est recommandé dans la maladie de Basedow.
En revanche, arrêter de fumer aide à limiter l’atteinte des yeux, qu’elle apparaisse ou qu’elle s’aggrave. Si vous fumez, arrêtez en priorité pour vos yeux.
Retenez que la maladie de Basedow vient d’une thyroïde trop active. Ses signes viennent de cet excès, et les traitements se suivent sur la durée.
Votre prochain pas : prenez rendez-vous avec votre médecin pour faire le bilan. Si votre vision baisse ou si un œil vous fait mal, voyez un ophtalmologue le jour même.
Foire aux questions
La maladie de Basedow est-elle contagieuse ?
Non, la maladie de Basedow ne se transmet pas. C’est une maladie auto-immune : le système immunitaire fabrique lui-même les anticorps qui agissent sur la thyroïde. Aucun microbe n’est en cause, donc vous ne l’attrapez pas au contact d’une personne malade.
Le stress peut-il déclencher une maladie de Basedow ?
Oui, le stress peut jouer un rôle dans le déclenchement de la maladie, mais il ne suffit pas à lui seul à la provoquer.
Si vous avez vécu une période très stressante et que les signes apparaissent, parlez-en à votre médecin.
Peut-on conduire pendant un traitement antithyroïdien ?
Cela dépend de votre état : demandez l’avis de votre médecin avant de reprendre le volant. C’est surtout vrai si les symptômes gênent votre attention ou votre vision, car conduire demande des yeux nets et une tête claire.